Le référendum grec va-t-il sonner le glas de l’Europe ultralibérale ?

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Le référendum grec va-t-il sonner le glas de l’Europe ultralibérale ?

Dimanche, les Grecs décideront de l’avenir de leur pays, au sein de l’Union Européenne. Si le NON, aux propositions de sortie de crise des Européens, prôné par Tsipras, l’emporte, c’est l’avenir même de l’UE tout entière qui sera remis en question. Dans ce contexte, La Russie apparaît déjà comme l’alternative et partenaire potentiel de la Grèce !

On y est ! Après cinq mois de palabres avec les défenseurs du capitalisme débridé, Alexis Tsipras a pris la mesure de la détermination de la Commission Européenne, de la BCE et du FMI, soutenus par Merkel, Hollande et Juncker, d’éradiquer tout risque de déstabilisation du système, qui engraisse les multinationales et les institutions financières privées. Pour sortir de l'impasse, le Premier ministre grec a proposé au parlement, qui l’a accepté, un référendum.

Dimanche, la Grèce, berceau de la démocratie, va donner à son peuple la possibilité de choisir entre la poursuite de son asservissement à une Europe ultralibérale, qui défend prioritairement les banques et les intérêts privés, et son émancipation vers un retour à sa pleine souveraineté.

De fait, face à l’intransigeance de ses interlocuteurs, Tsipras et son ministre des finances, élus sur la base du refus du diktat de la Troïka et de la poursuite de l’austérité, synonyme d’aggravation de la régression sociale pour les couches populaires, ont mis fin, à juste raison, à des négociations pipées d’avance.

La dette grecque est illégale

Négociations dont les accords attendus visaient en réalité un seul but : préserver à tout prix les intérêts des créanciers privés. A quel titre ? Au titre de cette fameuse et soi-disant « dette » grecque, dont les médias inféodés nous rebattent les oreilles, sans même savoir, pour beaucoup, de quoi ils parlent.

A y regarder de près, comme l’a fait la Commission pour la vérité sur la dette grecque, cette dette n’a, de fait, pas de réalité légale.

Au-delà des montants avancés, ici ou là, comme devant être remboursés au FMI (1,5 milliard d’euros) avant le 30 juin, et du prêt de 7 milliards que devait consentir l’Eurogroupe, pour permettre au gouvernement d’honorer ses échéances, la volonté de la Commission de Monsieur Juncker, du FMI de Madame Lagarde et de la BCE « allemande » dominée par Monsieur Schaüble, l'intraitable ministre des finances de la chancelière Merkel, est bel et bien de contraindre le peuple grec aux règles édictées par les différents traités européens, dont la finalité n’est autre que de préserver les intérêts capitalistes. Quid de la solidarité des Etats ? La Grèce est lâchée sans pitié, par ceux-là mêmes qui ont contribué à l’affaiblir !

La Grèce, porte-drapeau du renversement du système ?

Il reste à Alexis Tsipras, s’il ne veut pas passer sous les fourches caudines, ce qui est manifestement le cas après l’annonce du référendum de dimanche, voté par le parlement hellénique, à convaincre ses concitoyens, que l’Histoire a donné rendez-vous à leur pays. La Grèce, contrairement à Chypre qui a été « cassée » pour les mêmes raisons, en 2013, se trouve désormais en première ligne pour défendre une autre conception de l’Europe. Comme l’Argentine en son temps, et l’Islande récemment, aura-t-elle le courage de renverser l’ordre capitaliste établi qui contraint les peuples à vivre de plus en plus chichement ?

La France, l’Italie, l’Espagne, le Portugal, en gros l’Europe du sud, sont tout autant visés par la rapacité des financiers privés depuis que les banques nationales, ainsi que la BCE, ont été privées de la possibilité de prêter aux Etats. Tous ces pays sont ou seront dans un avenir proche, peu ou prou, dans une situation comparable à la Grèce.

La Russie au secours de la Grèce

Dimanche, des millions d’Européens ont espoir de voir la Grèce se réapproprier sa pleine souveraineté. Si le prix à payer est la sortie de la zone euro, elle ne sera pas seule à en subir les contrecoups financiers et économiques. L’Europe entière subira la secousse salutaire. Les Etats-Unis eux-mêmes en paieront les conséquences. Une crise financière mondiale est prévisible. Et probablement nécessaire pour assainir ce monde de rapaces !

L’exemple grec ne pourra pas ne pas faire des émules. C’est évidemment ce que redoutent les « suffisants » de cette Europe des riches – les Merkel, Hollande, Juncker- qui a tourné le dos aux peuples. Ce faisant, cette Europe là a certainement le sentiment d’avoir imposé sa loi ! En réalité, une bien pitoyable victoire à la Pyrrhus, aux conséquences difficilement mesurables.

Une chose est sûre, l’horizon n’est pas fermé pour la Grèce et ses dirigeants. Le vent de l’avenir semble tourner irrésistiblement vers l’Est. La Russie, tant décriée, parce que gênant les desseins géopolitiques des Etats-Unis, est, d’ores et déjà, disposée à une écoute magnanime du peuple grec.

Verdi

Dimanche 28 juin 2015

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