Les « mis en examen » de la clique Sarkozy

Publié le par lecteur

Les « mis en examen » de la clique Sarkozy

Depuis l’affaire Bettencourt, où il a « miraculeusement » bénéficié d’un non-lieu, après les pressions et menaces exercées sur Claire Thibout, la comptable de Liliane Bettencourt, les affaires judiciaires liées à Sarkozy révèlent, mois après mois, un système mafieux, où la loi est l’affaire des autres. Pas moins de 21 proches de Sarkozy, et lui-même, sont poursuivis par la justice. L’étau se resserre dans deux affaires, celles des « écoutes », où Sarkozy vient de voir sa mise en examen confirmée par la cour d’appel, et Bygmalion, où les langues des protagonistes se délient, confirmant la fraude financière.

Affaire des « écoutes » et financement libyen

Sarkozy est poursuivi pour « "corruption active", "trafic d’influence" et "recel de violation du secret professionnel". Il a été mis en examen, le 2 juillet 2014, après 18 heures de garde à vue, dans les locaux de l’office anti-corruption. La mise en examen de l’ancien président vient d’être confirmée par la cour d’appel. L’enquête, suspendue jusque-là, va pouvoir reprendre.

L’affaire :

Suite aux accusations de Ziad Takiéddine, les juges conduisent une enquête pour savoir si, effectivement, la campagne présidentielle de Sarkozy a été financée par Kadhafi. Après avoir placé sur écoute des proches (Hortefeux, Gaudin, Gueant), ils soupçonnent Sarkozy de vouloir se renseigner sur l’enquête. Celui-ci est à son tour placé sur écoute en décembre 2013. Les enquêteurs découvrent alors que, sous le pseudo de « Bismuth », Sarkozy utilise un téléphone portable uniquement dédié aux appels entre son avocat et lui. Leurs conversations révèlent qu’ils tentent, illégalement, d’obtenir des informations par le biais d’un haut magistrat de la cour de cassation, Gilbert Azibert, contre promesse de lui obtenir un poste doré, à Monaco.

Les mis en examen :

Nicolas Sarkozy

Thierry Herzog, avocat de Sarkozy

Gilbert Azibert, haut magistrat

Claude Gueant, ancien ministre de l’intérieur, pour « faux » et « blanchiment » dans le cadre de l’affaire du financement libyen de la campagne de 2007.

Affaire Bygmalion

Système frauduleux de financement de la campagne électorale de la présidentielle de 2012, mis en place de manière à ce que l’UMP prenne en charge 18,5 millions d’Euro de dépenses à la place du candidat Sarkozy, afin de ne pas dépasser le plafond de 22,5 millions autorisé, impliquant la société Bygmalion et sa filiale événementielle.

Tout le monde était au courant, sauf… Sarkozy. Dernière mise en examen, après une garde à vue, le 7 mai, celle de Franck Louvrier, ex-conseiller en communication de Sarkozy.

Les mis en examen :

Jean-François Copé, affaires des pénalités et Bygmalion

Franck Louvrier, ex-conseiller en communication

Guy Alvès, co-fondateur de Bygmalion, proche de Copé

Bastien Millot, co-fondateur de Bygmalion, proche de Copé

Franck Attal, patron de la filiale événementielle de Bygmalion

Jérôme Lavrilleux, ancien directeur-adjoint de campagne de Sarkozy

Philipe Briand, député UMP

Philippe Blanchetier, avocat de l’UMP

Guillaume Lambert, ancien directeur de campagne

Eric Cesari, ancien directeur général de l’UMP

Affaire Karachi

Rétrocession de commissions dans la campagne présidentielle de 1995. Sarkozy, alors ministre du budget, aurait validé la mise en place de Heine SA, société écran, basée au Luxembourg, impliquée dans l’affaire Karachi.

Les mis en examen :

Thierry Gaubert (ancien conseiller de Sarkozy, au ministère du Budget )

Nicolas Bazire (directeur de campagne d’Edouard Balladur)

Autres proches mis en examen

Patrick Balkany, intime de Sarkozy, pour corruption passive et blanchiment de fraude fiscale, qui a vu son immunité parlementaire levée le 17 mars 2015.

Arnaud Claude, avocat associé de Sarkozy, pour blanchiment de fraude fiscale dans l’affaire Balkany.

Isabelle Balkany, intime de Sarkozy, mise en examen, en mai 2014, pour blanchiment de fraude fiscale, a payé 1 million d’euros de caution pour rester libre.

Catherine Vautrin, ex-trésorière de l’UMP, affaire des pénalités

Christine Lagarde, ex-ministre de l’économie, affaire de l’arbitrage Tapie

Eric Woerth, ancien ministre du budget, affaire Bettencourt

Etrangement, malgré la batterie de casseroles judiciaires, dont témoigne le nombre impressionnant de proches poursuivis par la justice, lui-même et ses fanatiques dénoncent le harcèlement dont il serait victime. C’est faire injure aux magistrats et aux enquêteurs que de penser qu’ils travaillent sans « biscuits ».

Mais nul ne peut changer la mentalité mafieuse chevillée au corps de ces gens-là !

La confirmation de sa mise en examen, dans l’affaire des « écoutes », est un rude coup pour l’agité qui jubile de porter son parti sur de nouveaux fonts baptismaux, et se voit déjà de retour à l’Elysée !

« Les Républicains », si républicains ils sont, devraient, quant à eux, y regarder à deux fois, avant de redonner leur blanc seing à un homme qui risque de finir entre les barreaux… avant 2017 !

Verdi

Vendredi 8 mai 2015

Commenter cet article