Régionales : match « nul » 7-5, le FN n’a pas perdu

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Régionales : match « nul » 7-5, le FN n’a pas perdu

La comédie démocratique des élections régionales, le non-événement de cette fin d’année 2015, puisque plus de la moitié des Français ne s’est pas sentie concernée, au premier tour, a livré son verdict : les ripoublicains (ex-umps) ont gagné, mais le Front National est loin d'avoir perdu !

Cette fois, ils ont senti passer le boulet du canon très près de leurs esgourdes. Dès hier, sur les plateaux télé, tous promettaient de changer, de modifier leur comportement (les Lemaire, Le Fol, Dati, Duflot, etc.), jurant, protestant de leur sincérité nouvelle. Tous se payant de mots, rivalisant de poncifs et autres formules creuses, n’ayant pas même conscience de prendre les gens, qui avaient encore la patience de les écouter, pour des imbéciles.

Personne n’a cependant proposé de changer le système. Ils ne sont pas fous ! Pas question de scier la juteuse branche sur laquelle ils prospèrent financièrement.

Comment, lorsqu’on est un citoyen lambda, confronté à un quotidien précaire, ne pas se sentir, une fois encore, méprisé par ces gens - les arrogants, les prétentieux, les planqués du système - qui ne songent qu’à défendre leur bout de gras.

Sarkozy plus dangereux que Le Pen

Insulter, en contestant, à tout bout de champ, à tout propos, le choix de ceux qui ont voté FN, leur déniant le droit au libre arbitre c’est les marginaliser et pour certains les radicaliser dans leur rejet de la République.

Les écouter parler pour ne rien dire, met mal à l’aise, fait gerber pour certains ou certaines, tant ils sont en décalage avec la réalité de vie de plus de la moitié des Français. La plupart de ces politicards professionnels ont déjà exercé le pouvoir. Mais amnésiques, ils oublient et continuent à promettre sans vergogne le contraire de ce qu’ils ont fait.

A l’exemple, de Sarkozy, le timonier équilibriste du mensonge qui, après le récent camouflet judiciaire (la cour d’appel a refusé de donner suite à sa demande de récusation d’une juge d’instruction) prend de plein fouet la défaite des ripoublicains. Lui, qui incarne la véritable et la plus dangereuse des extrêmes-droites, espérait pourtant rafler la mise et se servir de ces régionales comme base de lancement.

Nombre de candidats ripoublicains avaient d’ailleurs tenu à distance leur désastreux « visionnaire », craignant pour leur image, à l’exemple de Bertrand et Estrosi.

La moitié de la France pas concernée

23590664 Français n’ont rien exprimé au premier tour, le tour qui donne une photographie des rapports de force, soit 52,07% des électeurs qui, à juste titre, n’ont pas jugé utile de faire un choix dans le cadre de cette mascarade des régionales.

Par rapport au nombre total d’électeurs inscrits, les « institutionnels », ceux que la médiacratie soutient, ne représentent que :

Les Républicains/l’UDI : 12,77% (de l’électorat)

Les Socialistes et leurs alliés : 11,08%

Quid de la représentativité et surtout de la légitimité des partis « institutionnels » qui ne représentent qu’eux-mêmes et surtout leurs intérêts financiers ?

Le parti de la dynastie Le Pen représente, quant à lui : 13,29%

Les ripoublicains (ex-umps) réunis sauvent Estrosi et Bertrand

Les petits hobereaux de province étaient inquiets. A juste titre. Malgré le déferlement des médias inféodés contre le Front National, celui-ci rafle la mise de façon indiscutable. Que sa présence sur l’échiquier dérange les sangsues de la république, c’est une évidence. Difficile, en effet, pour ces seigneurs ripoublicains de se résoudre à perdre les rentes de situation exorbitantes et autres prébendes, qu’ils tirent de leurs mandats.

Deux d’entre eux ont cependant sauvé leur peau, in extremis, grâce à l’alliance ripoublicaine décidée par Manuel Valls, qui a purement et simplement déserté courageusement le terrain du combat. Estrosi, l’ancien pote des Le Pen, à Nice, chantre du rétablissement de la peine de mort, qui, dans la dernière ligne droite, s’est soudain rappelé au bon souvenir des gaullistes, que lui, le sarkozyste fanatique n’a cessé de piétiner. Et Bertrand, dont les tremolos de la voix faisaient mal oublier qu’il est un acharné de la casse du système de protection social français, favorable à une retraite à 65 voire 70 ans pour, bien entendu, favoriser ses amis assureurs privés.

D’autres n’ont pas, heureusement pour la morale politique, franchi le cap. En Bourgogne, par exemple, Sauvadet, un membre assidu de la clique sarkozienne, défenseur des lobby du tabac, a été, comme en 2010, renvoyé à ses chères études. Il est vrai que, dans cette région, historiquement forte pour le FN, le PS n’a pas baissé son froc et a livré bataille. Ce n’est pas le cas de son meilleur « ami » normand Morin qui, lui, est parvenu de justesse à ses fins.

Les coucheries ripoublicaines, rempart contre 7 millions de voix FN

Une moitié des Français a élu 1910 conseillers régionaux et s’est choisie des présidents de région, sans aucun renouvellement de la classe dirigeante institutionnelle. Les mêmes têtes apparaissent. Les ténors sont contents. Une fois encore, ils ont fait barrage au FN et à sa cheffe de file Marine Le Pen.

Sauf que, plus de 7 millions d’électeurs ont fait un choix réfléchi en déposant leur bulletin de vote en faveur des frontistes. Sauf que l’enracinement local du FN, à travers ses 350 conseillers régionaux (contre 120 auparavant), qui vont s’ajouter aux 221 sièges d’élus locaux, est à présent une réalité à l’échelle nationale.

La route vers la présidentielle de 2017 se profile plus clairement pour Marine Le Pen, qui n’aura aucun mal à réunir les 500 signatures nécessaires. Les coucheries ripoublicaines ne parviendront pas éternellement à interdire l’avènement d’un parti qui, qu’on l’aime ou non, se propulse de la façon la plus démocratique qui soit. C’est faire aussi injure à ses électeurs que de les décrire comme des demeurés de la république.

Dans ce climat délétère, la sanction du peuple risque d’être brutale. Les élections régionales sont un avertissement sans frais. Gare à l’étape suivante !

Verdi

Lundi 14 décembre 2015

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