Présidentielle 2017 : chronique d’une déroute française annoncée

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Présidentielle 2017 : chronique d’une déroute française annoncée

De la grandeur gaullienne, voire mitterrandienne, à la petitesse politicienne actuelle, sauf à renverser le système, la population française se trouvera confrontée à un choix déprimant en 2017 : reconduire l’affairiste Sarkozy à l’Elysée ou maintenir Hollande, le fossoyeur du socialisme à la française. De quoi donner vraiment envie de s'abstenir !

Au cours des cinquante dernières années, chaque fois que les socialistes au pouvoir se sont détournés de leurs idéaux, chaque fois, les urnes les ont renvoyés à leurs chères études.

Ce fut le cas en 1986, après le tournant de la rigueur de 1983/84, impulsé par le timoré chrétien démocrate Delors, et mise en musique par Fabius.

Ce fut à nouveau le cas en 1993, après que Bérégovoy se sera converti à l’économie de marché.

Ce fut enfin le cas, en 2002, après que Jospin, maladroitement ou intentionnellement, alors candidat à la présidentielle, se sera publiquement démarqué de la référence socialiste.

Les dernières décennies montrent des socialistes enclins à se renier dès qu’ils arrivent au pouvoir. Ceux-ci devraient pourtant se souvenir de l’histoire récente. Le pouvoir leur a échappé pendant 25 ans, entre 1956 et 1981. Sans revenir sur les causes de cette incapacité à revenir aux affaires, il faut noter que seule la ténacité mitterrandienne, à tisser inlassablement des réseaux à travers la France, a permis de mettre fin à cette longue traversée du désert.

Hollande, l'atlantiste, n’est pas Mitterrand

C’est grâce à ce patient tissage de relations, au sein d’une gauche éclatée, que Mitterrand, s’appuyant, à partir de 1965, sur un petit parti (Convention des Institutions Républicaines) constitué essentiellement d’amis (Estier, Mermaz, Joxe, etc.), est parvenu, à partir du congrès d’Epinay, en 1971, à fédérer CIR, PS (ex-SFIO de Mauroy), CERES (Chevènement), au sein d’une seule formation de gauche non communiste : le Parti Socialiste, et à intégrer une partie d’anciens du PSU (Rocard), fin 1974.

Mitterrand s’est construit une stature grâce, bien évidemment, à un talent politique personnel incontestable, mais aussi, par contraste, grâce au monument contre lequel il s’est érigé pendant un quart de siècle : De Gaulle ! Nul doute que la dimension de l’homme d’Etat Mitterrand n’eut pas été la même s’il avait dû affronter un adversaire de moindre envergure. Il a voulu incarner un socialisme à la française, le démarquant du libéralisme, dont il se méfiait, comme de la peste.

Hollande, l’indécis, l’imprécis, manque de cette hauteur de vue qui fait des hommes politiques des hommes d’Etat ou de simples pantins de l’histoire ! Son adhésion au libéralisme et aux thèses impérialistes étasuniennes en sont la plus criante démonstration. Son suivisme a fait de la France le toutou servile des Etats-Unis.

A droite : de la grandeur gaullienne à la petitesse sarkozienne

Quand, en 1958, De Gaulle revient au pouvoir, l’état de la droite n’est pas plus reluisant que celui de la gauche. La crise algérienne qui perdure, à cause des erreurs et autres atermoiements de Mollet (SFIO), qui a enlisé le conflit en envoyant les appelés défendre l’Algérie française, va lui donner l’opportunité de réapparaître sur la scène politique française.

Durant les quatre premières années, il va parvenir à fédérer les droites (pourtant très opposées) autour de sa nouvelle constitution, la cinquième de la République (4 octobre 1958), jusqu’en 1962, année qui consacre par référendum l’élection du président de la République au suffrage universel. Pendant les dix années qui suivront, De Gaulle s’acharnera à bâtir la grandeur de la France.

Ses « héritiers », ceux issus de la classe aisée qui avaient accompagné le retour de De Gaulle, en 1958, exigeront un retour sur investissement. Pompidou, le lettré, ancien directeur général de la Banque Rothschild, et ancien Premier ministre de De Gaulle, élu président de la République en 1969, inaugurera, peut-être à son insu, l’ère des « petits » couteaux politicards (Chirac, Garraud et plus tard Sarkozy) et enterrera une certaine idée mendésienne de la pratique politique, marquée par la droiture, et incarnée, à cette époque, par Chaban-Delmas.

A droite on est candidat pour se faire du fric, à gauche pour briller

Après ce bref rappel historique, penchons-nous, juste un instant, sur la gauche actuelle ou, sur ceux qui continuent à s’en réclamer, et sur la droite actuelle. Qu’ont-ils d’enthousiasmant pour l’électeur lambda, ces Hollande, Sarkozy et la clique d’affidés qui les entourent ? Absolument rien. A quelques rares exceptions près, ce sont tous des arrivistes, dont l’action politique passe au second plan derrière les intérêts personnels de carrière et d’argent.

A gauche, englués dans un intellectualisme bobo, écolo, trotskar ou social-chrétien bien pensant, ils aiment briller, être reconnus, admirés… Pour ce faire, ils passent leur temps à s’éliminer les uns les autres. Ils rivalisent dans l’art de cibler leurs potentiels alliés plutôt que d’attaquer leurs véritables adversaires et s’attacher à recréer les conditions d’une union sur le fond, basée sur la défense de l’humanisme, qui doit prévaloir plus que jamais dans les actes politiques, face à la menace mondialiste destructrice imposée par le Nouvel Ordre Mondial des Etats-uniens, dont, au passage, Sarkozy est le soldat zélé, rejoint par Hollande.

A droite, le comportement est beaucoup plus facile à décrypter : ils sont tous mus par leur propre intérêt, qui est de gagner le maximum de fric, grâce à la politique. Un dévoiement de la mission politique, sacralisé par le timonier sur talonnettes Sarkozy. Ils veulent désormais tous en croquer, comme leur adulé guide. Aucune baliverne n’est superflue pour tromper ces couillons et couillonnes de Français et Françaises, abreuvées quotidiennement de désinformations véhiculées par des médias inféodées à 90% aux puissances de l’argent ou au pouvoir en place.

Une soixantaine de prétendants au trône républicain

On ne compte pas moins d’une soixantaine de candidats déclarés, à ce jour, de Nathalie Arthaud (Lutte Ouvrière) à Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France) en passant par la dizaine ou quinzaine LR et la dizaine ou quinzaine de candidats potentiels chez les socialistes ou assimilés, sans oublier Marine Le Pen (Front National) et Jean-Luc Mélenchon (Parti de Gauche). La liste n’est, bien entendu, pas exhaustive. Chaque mois voit un ou plusieurs nouveaux personnages se déclarer candidat.

Que dire des « principaux » en lice, ou en passe de se déclarer ?

-Sarkozy : considéré dans la plupart des pays étrangers comme un agent des Etats-Unis, d’une envergure politique limitée, d’un ego démesuré, il ne songe qu’à lui-même, obsédé par l’argent, un profil que certains qualifient de dangereux, car sujet à des emportements irascibles et violents contre ceux qui le contrarient. Un bilan présidentiel désastreux. Un sociopathe ?

-Hollande : au demeurant sympathique, prisonnier de l’étroitesse de sa vision politique, sans cesse en quête de synthèses irréalistes, capable de tous les reniements, sans grande lucidité sur la qualité des hommes dont il s’entoure. Un bilan présidentiel peu enviable. Un mythomane ?

-Marine Le Pen : a su se positionner dans la faille née du rejet de l’UMPS dans l’opinion publique à la suite des multiples affaires judiciaires et du mépris à l’égard du peuple français, en lissant l’image d’un FN dur, hérité de son père, qu’elle a en partie dédiabolisé. Suscite néanmoins encore des peurs dans une bonne partie de l’électorat, qui redoute l’autoritarisme…

-Mélenchon : d’une amplitude intellectuelle et d’une culture peu courantes chez les politiciens... par les temps qui courent, il souffre d’une image d’ultra-gauche et de ses emportements face aux provocations des médias. S’est amélioré. Détesté par les socialistes, qui feront tout pour le faire échouer. Il est cependant le seul à vouloir en finir avec le système.

-Juppé : chasser le naturel… Après avoir surfé pendant plus d’un an en tête des sondages, parmi les potentiels candidats à droite, la froideur de l’homme et son passé politique ressurgissent dans les considérations sur lui. Il avait pourtant réussi, jusque-là, par contraste avec Sarkozy, à adoucir son image. Son programme antisocial n’est sans doute pas étranger à la baisse de sa (relative) popularité.

La mascarade des élections du système va s'emballer, dès cette automne. L'insipide va le disputer à l'indigent, avec grand maître absolu : le mensonge. Vu les choix entre bonnet blanc et blanc bonnet qui se confirment, çà donne vraiment envie partir en vacances en avril et mai 2017 !

Faites vos jeux !

Verdi

Mardi 2 août 2016

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