Avons-nous les parlementaires qu'il faut?

Publié le par lecteur

Depuis la Révolution de 1789, la représentation nationale, émanation du peuple, est censée porter les idéaux et les doléances de celui-ci ! Aujourd’hui, ce n’est plus vrai !

 

Les parlementaires français sont parmi les mieux rétribués au monde, mais aussi parmi les moins représentatifs et les plus inutiles. D’autant plus inutiles sous le régime autocratique sarkozyste qui décide de tout !

 

Alors pourquoi continuer avec ce système parlementaire qui ne joue plus son rôle de contrepoids ? Sommes-nous encore en démocratie ?

 

Bien évidemment, une fois en place, les parlementaires s’accommodent aisément de la monarchie républicaine en place, qui les entretient grassement, autant qu’elle les déresponsabilise. Il ne faut donc pas attendre grand-chose des députés et sénateurs actuels, trop nombreux, majoritairement inféodés à des partis inamovibles, devenus institutions dans les Institutions.

Ces partis politiques « institutionnels » -principalement l’UMP et le PS et leurs satellites centristes- ont tout intérêt à maintenir un régime autocratique, garant de leur pérennité, et source de confortables rentrées d’argent.

C’est pourquoi, rien ne changera dans la vie des Français après 2012 - notamment des plus exposés aux ravages de l’ultralibéralisme appliqué par l’extrême-droite sarkozyste au pouvoir -, sans une modification, en profondeur, des règles de désignation des députés nationaux, de leur statut et de leur mandat.

Les conséquences perverses de ce système, phagocyté par les partis institutionnels, c’est la mise à l’écart de catégories sociales, tels que les salariés du privé, qui continueront à ne pas être représentées ou sous représentées à l’Assemblée nationale.

 

Confier la fonction législative aux seuls députés

 

Les médias sarkoziens semblent découvrir seulement maintenant l’obésité du système parlementaire français, à l’image de Benoît Duquesne (dont je ne mets pas en doute le souci d’objectivité) dans sa dernière émission « complément d’enquête », qui recevait le président du Sénat.

Malgré sa bonhomie et sa volonté affichée de corriger des frais de fonctionnement exorbitants, Gérard Larcher ne comprend manifestement pas que cette institution opaque, dont le nombre de membres est passé de 331 en 2004 à 343 en 2008 pour atteindre 348 en 2011, participe de cet excès de dépenses institutionnelles, devenues insupportables aux yeux de très nombreux Français qui eux tirent le diable par la queue au quotidien

Etablir une démocratie plus authentique et plus efficace impose de confier la fonction législative et le contrôle de la politique nationale exclusivement à des députés, libérés de l’endoctrinement partisan. Cela passe également par un retour à une presse pluraliste, et par la suppression d’institutions inutiles ou obsolètes, très coûteuses pour le contribuable, comme le Sénat et les Conseils généraux.

 

Supprimer le Sénat et les Conseils généraux

 

Le Sénat est une oligarchie qui n’a aucune légitimité démocratique, du fait du mode de désignation de ses membres au suffrage universel indirect, par un collège électoral composé exclusivement d’élus, dont le nombre est limité à 150000. En revanche, son maintien est possible, en tant que simple assemblée de sages, dont les membres ne seraient que défrayés, mais pas rétribués ! Les élus des Conseils généraux font double emploi avec ceux des Conseils régionaux. Les communes font double-emploi avec les communautés de communes, et/ou inversement. L’utilité d’autres collectivités, tel que le Conseil économique et social, est également discutable.

 

Députés lavettes de la République

 

Actuellement, l’obsession de sa réélection confine le député grassement indemnisé (22 000 euros par mois) dans une posture préélectorale à laquelle il consacre 80% de son temps, tout en cherchant à donner l’illusion à la population qu’il travaille pour la circonscription, dont il est le mandataire. Piètre mandataire en réalité, dépossédé, consentant, de la plupart des leviers politiques, ce qui l’arrange bien.

On touche là aux limites de la politique esbroufe, en continuelle représentation, sourire hypocrite de circonstance rivé au visage, des troupes sarkozystes, dont les élus sont des laboureurs impénitents de la France du crétinisme, électrice indéfectible des droites extrêmes.

On atteint l’absurde ! A l’extrême-droite sarkozyste en particulier, le souci prioritaire d’un député dans sa circonscription, c’est d’être vu le plus possible, le plus souvent possible, par le plus grand nombre d’électeurs potentiels possible. Le reste, il s’en fout !

 

Son unique souci : préserver son job de député

 

En dehors de çà, c’est l’inaction politique, dissimulée par un emploi du temps, en apparence surchargé. En apparence seulement, car son contenu est bien souvent d’une indigence affligeante en termes d’efficacité. Le député actuel n’a pas à avoir de vision, d’analyse, de réflexion personnelle. Son parti se charge de l’approvisionnement doctrinaire. Son rôle à lui est d’être le « représentant de commerce » dudit parti ! Pas davantage ! Il se comporte comme tel. Son unique souci est de préserver son job de député et ses intérêts financiers.

Pourquoi ce peu d’intérêt pour la « vraie » politique, celle qui nécessite un minimum de tripes et devrait répondre aux attentes des citoyens ? Parce que, outre l’existence de ce régime monarchique, qui a transformé les députés en lavettes de la république, les règles électives permettent cette dérive. De plus, le cumul des mandats, dénoncé depuis des décennies, mais jamais véritablement remis en question, offre des opportunités d’addition de gains substantiels, sans aucun effort. Malgré les critiques répétées, la classe politique se montre toujours aussi peu enthousiaste, à l’idée de couper la juteuse branche en or, sur laquelle elle est assise.

 

La presse à la botte des partis

 

Non seulement le montant des indemnités parlementaires est l’un des plus attractifs au monde mais, de surcroît, en France, le nombre de mandats n’est pas limité dans le temps.

 

La république, vache à lait des parlementaires

 

 

 

C’est donc la rente de situation assurée, pour peu que l’heureux élu soit docile et fasse acte d’allégeance au parti et au régime. Certes, il doit remettre son mandat en jeu périodiquement. Ce qu’objectent invariablement les profiteurs du système. Il s’agit, en réalité, d’une remise en jeu sans panache. Une épreuve en trompe-l’œil, tant les dés sont pipés, du fait de règles électorales qui ne laissent qu’une chance dérisoire au renouvellement, sauf à être adoubé comme dauphin du sortant.

De plus, la plupart des parlementaires ont un, voire plusieurs organes de presse - y compris du service public de l’audiovisuel -, à leur botte, qui leur assure, sinon 90% de chances de réélection (ou élection), dès le premier tour, à coup sûr 100% de chances, au second tour.

 

Aucune chance pour les « petits » candidats

 

C’est là, un des effets déplorables de la disparition d’une presse pluraliste d’information, au profit de médias de communication. La majorité des journaux sont aujourd’hui des outils de propagande au service des seuls représentants des partis institutionnels. Eux-mêmes étant devenus, de fait, des filiales de groupes industriels ou financiers puissants, propriétaires desdits médias et principaux bâilleurs de fonds, notamment pour financer les campagnes électorales.

Ainsi, un « petit » candidat à la députation, indépendant, plein d’énergie, bourré des meilleures idées pour son pays, mais sans le sou, ne fera pas le poids, quand il s’agira d’injecter les fonds nécessaires à une campagne de communication efficace (au minimum 20 000 euros), comparé aux moyens démesurés des « institutionnels ».

Résultat : privés d’information sur la qualité des autres candidats, les « petits », les électeurs de la circonscription continuent de voter pour les mêmes, ou bien se réfugient dans l’abstention. Comme, de surcroît, ces « petits » candidats sont souvent copieusement étripés, avant et pendant la campagne, par les plumitifs serviles des journaux locaux, des radios et télés locales, à la solde du parti du sortant (qui veut éviter toute mauvaise surprise), ils n’ont, dans d’aussi mauvaises conditions, aucune chance d’accéder à l’Assemblée nationale !

 

Changer le statut, le mandat du député et les règles électorales

 

Trouver le chemin d’une démocratie crédible, et véritablement représentative de toutes les composantes de la population française, impose de modifier les modes de désignation des représentants nationaux et leur mandat. Le candidat devrait engager personnellement sa responsabilité sur un programme (même élaboré par son parti). Avec pourquoi pas, à la clé, une obligation de résultat total ou partiel. Il devrait en outre s’engager formellement à éviter tout conflit d’intérêt. Etablir une authentique relation entre l’Etat et le peuple passe par une réforme profonde du statut du député, des règles de la campagne électorale, du mode de scrutin et du statut de la presse :

- Interdiction de tout cumul avec d’autres mandats électifs ou exécutifs, donnant lieu à perception d’une indemnité.

- Interdiction d’exercer une profession ou une fonction, susceptible de générer un conflit d’intérêt pendant le mandat.

- Limitation de la durée du mandat de député à 4 ans.

- Limitation du renouvellement à 8 ans, soit 2 mandats maximum dans le temps.

- Réduction de moitié les indemnités parlementaires et restriction des défraiements aux strictes nécessités de l’activité parlementaire.

- Le député ne doit pas être une micro entreprise : possibilité d’employer un seul assistant contre trois actuellement, dont (souvent) épouse secrétaire, enfant assistant parlementaire…

- Réduction du nombre de députés : un par arrondissement préfectoral, soit 329 au lieu de 577 actuellement.

- Financement de la campagne électorale : égalité des chances avec un budget de 30 000 euros identique pour tous les candidats, financer par l’Etat. Dépassement de ce budget interdit.

- Remboursement acquis à tous les candidats

- Communication, campagne électorale : stricte égalité de traitement dans les médias, avec participation financière de l’Etat pour la garantir.

 

Résultat du vote en fonction du nombre de citoyens en âge de voter

 

Le suffrage universel direct uninominal reste le mode de désignation. Introduction d’une part de désignation à la proportionnelle pour les candidats des partis. Décompte des voix intégrant le poids des votes blancs, des votes nuls et de l’abstention.

Ainsi, un candidat qui aurait obtenu la majorité des voix des électeurs ayant exprimé un vote, mais ne représenterait qu’une minorité de citoyens en âge de voter, ne pourrait être élu. Ce qui est, malheureusement, possible avec le système actuel.

Tous les citoyens figurant sur les registres d’état civil sont, de facto, inscrits sur les listes électorales avec la qualité d’électeur. Ils entrent automatiquement dans le décompte des voix, après le dépouillement des votes, pour déterminer le pourcentage réel des scores des candidats par rapport aux citoyens en âge de voter.

 

Retour à une presse pluraliste

 

Quant à la presse, deux changements profonds sont nécessaires :

- Redonner au métier d’informer sa crédibilité : restauration du pluralisme, garantie de l’indépendance du journaliste. Carte officielle délivrée non plus en fonction des revenus, mais en fonction de la qualité professionnelle.

- Distinguer le métier d’informer - celui du journaliste - et les professions liées aux autres formes de communication.

 

Verdi

Mardi 26 avril 2011

Publié dans Institutions

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