DSK, Côte-d’Ivoire : Sarkozy joue les gros bras

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Après son coup d’Etat en Côte-d’Ivoire le 11 avril, et le complot ourdi contre DSK, un mois plus tard, Sarkozy espérait redresser sa situation. Il n’en est rien ! Les sondages lui restent imperturbablement défavorables.

 

Tandis que Radko Mladic, le criminel contre l’humanité, vient d’être arrêté, les chasses à l’homme contre les partisans de Laurent Gbagbo se poursuivent en Côte-d’Ivoire. Qui répondra de ces crimes-là ? Sarkozy ou Ouattara ?

 

 

Alerte générale au 55, rue du Faubourg Saint-Honoré : les sondages persistent à être mauvais pour Sarkozy. Le président est menacé, il doit, coûte que coûte, sauver sa place pour éviter d’avoir à répondre à la justice, après mai 2012.

 

Le coup d’Etat en Côte-d’Ivoire, victime collatérale du président fou qui se prend pour le roi du monde, n’ayant pas suffi à rétablir la popularité en berne de l’agité, l’affaire DSK a donc été décidée. Tout en éliminant le potentiel futur chef de l’Etat français, elle devait, à l’opposé d’un DSK obsédé sexuel, faire apparaître un Sarkozy à la morale et aux mœurs irréprochables.

 

Manifestement, l’entreprise a échoué. L’affaire Strauss-Kahn, véritable séisme planétaire, n’a pas eu l’effet escompté par ses protagonistes, dans l’opinion des Français. Lesquels demeurent obstinément et majoritairement hostiles à un président, dont ils savent, depuis un certain temps déjà, que c’est un être égotique, dépourvu d’humanité, qui ne s’intéresse qu’à lui-même, à l’argent et à ceux qui en possèdent !

 

 

Après la Côte-d’Ivoire, le piège tendu à Strauss-Kahn

 

En récompense de son outre-atlantisme servile, la communauté du nouvel ordre économique mondial ultra-libéral, en gros les Etats-Unis, a laissé la bride sur le coup de l’agité français qui avait besoin de redorer son blason par des actions d’éclat. Cependant, après l’attaque armée contre la Côte-d’Ivoire, Sarkozy n’a pas constaté d’amélioration de sa popularité en France.

 

Il fallait imaginer autre chose. La cible s’imposait d’elle-même. Ce ne pouvait être que Strauss-Kahn, l’empêcheur de gagner à l’aise, que l’agité pensait avoir éloigné pour un temps suffisant en l’adoubant pour la direction du FMI. Erreur sarkozienne! Au fil des mois, le pressenti candidat socialiste est devenu son principal obstacle sur la route de l’Elysée. Une analyse partagée par nombre d’observateurs :

 

 « La tâche noire plus dangereuse sur la biographie de Strauss-Kahn est peut-être qu’il était loin devant le Pantin français de l’ « Amérika », le président Sarkozy, aux prochaines élections françaises. Strauss-Kahn devait tout simplement être éliminé. »

 

Ces propos, ne sortent pas de la bouche de n’importe qui ! Ils ont été tenus par l’ancien sous-secrétaire d’Etat au Trésor de Ronald Reagan. Ils accréditent la thèse du complot contre un personnage devenu encombrant pour deux raisons au moins.

 

 

Les raisons du complot contre DSK : Sarkozy et le FMI

 

Sur le plan intérieur étatsunien, bien que baignant dans le jus libéral, Strauss-Kahn, qui ambitionnait de réformer le FMI et de remettre en cause le dollar comme monnaie mondiale de référence, représentait une menace contre les intérêts du système capitaliste, dont la finalité demeure le profit par l’exploitation des ressources des pays, le FMI se chargeant de la mise sous tutelle financière des Etats, au détriment du progrès social des peuples.

 

Sur le plan extérieur, il compromettait le maintien de Sarkozy à l’Elysée, l’agent de la CIA le plus dévoué à l’hégémonisme américain, que les services secrets, malgré la piètre envergure du personnage, sont parvenus à hisser à la tête d’un des Etats phare du monde occidental, en 2007.

 

 

Strauss-Kahn : et si c’était Sarkozy ?

 

Le complot a fait flop : Sarkozy battu par Hollande et Aubry

 

Deux raisons qui justifiaient que les instigateurs agissent. Ont-ils atteint leur objectif ? Rien n’est moins sûr pour ce qui est de la réélection de Sarkozy en 2012 ! Probablement conseillés par l’agité lui-même, ils semblent être intervenus, un peu dans la précipitation, comme en témoigne le scénario rocambolesque des faits, ce fatidique dimanche 15 mai, alors même que Strauss-Kahn, probablement alerté, se doutait d’une probable machination. Il l’avait confié, quelques semaines avant, à un journaliste de Libération.

 

Il paraît assez évident que les commanditaires ont mal jaugé le rejet dont est l’objet Sarkozy. Malheureusement pour lui, bien que sur ses gardes, Strauss-Kahn semble avoir succombé à la tentation. Le traquenard a fonctionné, peut-être même sans qu’il s’en rendre compte sur l’instant !

 

Résultat : malgré l’affaire DSK, les rapports de force au premier comme au second tour n’ont pas varié. Comme le révèle un sondage BVA pour RTL, les deux gagnants ne sont ni Sarkozy, ni Le Pen ! Les intentions de vote pour DSK se sont mécaniquement reportés sur Hollande et Aubry. Au premier tour, Martine Aubry obtiendrait 24% contre 22% à Sarkozy et 17% Le Pen. Au second tour, l’un et l’autre des candidats socialistes écraseraient l’actuel occupant de l’Elysée avec respectivement 62% des voix pour Hollande et 59% pour Aubry.

 

 

Pendant ce temps la Côte-d’Ivoire sombre dans l’insécurité

 

Signe révélateur de l’embarras international : le 21 mai, jour de l’investiture officielle de Ouattara, aucun chef d’Etat occidental n’a fait le déplacement de Yamoussoukro. Si! Un seul ! Toujours le même ! Le pantin articulé par la CIA, celui qui se prend pour le nouveau maître du monde et ne supporte pas la concurrence d’Obama : Sarkozy.

Le président des riches qui a renversé le président légitime de la Côte-d’Ivoire, Laurent Gbagbo, par un coup d’Etat perpétré le 11 avril.

 

Depuis cette date, le pays est devenu une terre de massacres et de représailles. Les effets d’annonce de Ouattara, le président désigné par la France, prônant la réconciliation, s’inscrivent dans un jeu de rôle sordide. Les Ivoiriens ont peine à croire au discours de cet homme, plus à l’aise chez lui, dans sa résidence sénégalaise, qu’en Côte-d’Ivoire.

 

De fait, la réalité est tout autre. La presse non ouattariste est muselée, pourchassée. Sylvain Gagnetaud, un journaliste reconnu par ses pairs, proche du FPI de Gbagbo, a été assassiné. Nina Bolou, du journal Le Temps a été arrêtée… Les exactions, les règlements de compte n’ont jamais cessé. Au contraire la situation n’a fait qu’empirer. Les principaux dignitaires du pays sont arrêtés, y compris ceux qui avaient, dans un souci d’apaisement et d’unité nationale, fait allégeance à Ouattara, à l’exemple du général de division Georges Guiai Bi Poin.

 

Pourtant, dès le 12 avril, Amnesty International avait alerté l’opinion internationale. Le 15 avril, Salvadore Saguès, le responsable pour l’Afrique, déclarait : « Il y a des gens sans aucun contrôle qui sont en train de commettre des choses barbares et il faut absolument que cela se sache. Je suis assez étonné de la teneur de la presse en France.(…) Ces exactions sont commises par des hommes en armes. Soit ce sont des personnes qui appartiennent aux Forces républicaines (pro-Ouattara), soit les Forces républicaines ne font rien pour arrêter ces personnes. Et donc, les autorités sont responsables de ce qui se passe là-bas. Actuellement à Abidjan, il y a des milliers de personnes qui sont terrifiées et qui sont en danger. »

 

 Le plus inquiétant, face aux témoignages innombrables faisant état de cette chasse aux sorcières, c'est le déni du gouvernement Ouattara… »

 

Epuration ethnique en cours

 

Rien n’a changé, en particulier dans les zones occupées par les ethnies proches de Gbagbo, les « Guéré », les « Wé ». Comme le révèle le poignant reportage sur place de Jean-Paul Mari, publié le 12 mai dans le Nouvel Observateur, l’horreur de la guerre a atteint son comble avec Alassane Ouattara. Le massacre de Duékoué, avec plus de mille morts, loin d’avoir été un fait isolé, traduit la volonté des vainqueurs du Nord, utilisant les ethnies rivales, les « Dozo », de poursuivre aujourd’hui encore une chasse aux sorcières sanglante. L’épuration ethnique est en marche dans la plus parfaite indifférence internationale !

 

Ils sont 30 000 réfugiés, tremblant de peur, dans l’enceinte de la petite paroisse du père Cyprien : « 30 000 réfugiés dans un jardin ! Parfois, même le père Cyprien sent le courage lui manquer. Surtout dans la nuit noire, quand il entend les rôdeurs assassins continuer à hurler des menaces sous le nez des survivants : «On vous tuera tous, jusqu'au dernier !» Oui, le père Cyprien tremble lui aussi. Le grand massacre, qui a duré plus d'une semaine, a sans doute fait bien plus de mille morts. Il sait que Duékoué la maudite est un point rouge sur la carte du pays, une ligne de front des ethnies, un laboratoire du Mal, un lieu emblématique de ce que la Côte d'Ivoire pourrait devenir si elle ne trouvait pas, vite, très vite, le chemin de la réconciliation. »

 

 

Sarkozy continue à enfumer les gens

 

Sarkozy a-t-il conscience d’avoir ravagé un pays ? D’avoir semé la mort ? Au moment où le criminel de guerre serbe Radko Mladic vient d’être arrêté, l’agité français serait bien inspirer de réfléchir aux comptes qu’il devra rendre pour les crimes commis contre des milliers d’Ivoiriens innocents par l’intermédiaire de son  « Sous-Préfet » Ouattara !

 

Apparemment, peu lui en chaut ! L’empereur de lui-même et du Fouquet’s continue à croire à son grandiose destin. Cependant, pour conserver son royal pouvoir, il lui faut passer par l’élection présidentielle de 2012. La nécessité est revenue d’enfumer ceux dont il espère les précieuses voix. Sarkozy a donc décidé d’enfiler le costume de circonstance.

 

Tous les jeudis, il joue les bons présidents proche du peuple en se rendant en province pour visiter un jour une usine, une autre fois une exploitation agricole, puis un commissariat ou une école… Avec, à chaque déplacement, un service d’ordre démentiel, uniquement pour sa Grandeur, digne d’une réunion du G8. Et des personnes bien évidemment triées sur le volet pour l’accueillir docilement, afin d’éviter tout clash susceptible de froisser l’image du "Sarko nouveau." 

 

Bref, la parfaite panoplie du candidat enfumeur en campagne, venu couillonner les Français, après avoir cru qu’il suffisait de jouer les gros bras en Côte-d’Ivoire et contre DSK pour retrouver sa popularité!

 

Les Français sensés se feront-ils duper une seconde fois en 2012 par le président des riches qui se prend pour LE gendarme du monde ?

 

 

Verdi

 

Vendredi 27 mai 2012

 

 

 

Publié dans Sarkozy

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