Juppé l’emportera en 2017

Publié le par lecteur

JuppéFace à l’inquiétant agité, dont la hargne à revenir au pouvoir dissimule mal sa peur de finir devant les juges, le dernier baron du gaullisme, en tout cas, l’un des rares qui, à l’UMP, peut encore s’en réclamer, Alain Juppé, trace, lentement mais sûrement, un sillon de plus en plus profond dans une terre française de plus en plus fertile, dans la perspective de la présidentielle 2017. Il veut, de surcroît,  réduire de moitié le nombre de parlementaires. 500 au lieu de 1000 ! Une initiative qui va en satisfaire plus d’un !

 Juppé, c’est la raideur ! Juppé c’est le reptile au sang froid ! Juppé, c’est surtout la victime expiatoire du chiraquisme, auquel il a voué une grande partie de sa carrière politique. « Le meilleur d’entre nous », dixit Chirac, a dû avaler des boas et prendre sur lui. Etait-il voué au sacrifice pour le restant de ses jours ? Les longues années de traversée du désert ont forgé un homme différent du hussard chiraquien. A la faveur des périodes tendues, des hommes s’affirment quand d’autres, produits de l’écume des jours, ne font plus le poids ! Il fait partie des premiers ! Il va naturellement retrouver la place que son destin politique lui réservait, après un long parcours initiatique, qui a, apparemment, bonifié et affiné l’homme et sa perception de la vie. 

 

Affronter Sarkozy : « Chiche ! »

 

A la fin de l’été, à un journaliste qui doutait de sa capacité d’affronter Sarkozy, Juppé a répondu, droit dans ses bottes apaisées : « Chiche ! » Sa volonté d’en découdre, avec celui dont il s’est sagement contenté d’être le « prestigieux » ministre des Affaires Etrangères, n’est pas émoussée. Il a su attendre son heure ! Demeurer en embuscade ! Les cloches du réveil juppéen ont, enfin, commencé à sonner en 2013, quand les crocodiles du marigot ump, les Copé, Fillon et consorts, se sont entredéchirés, sur fond d’affaires judiciaires, dont la plus retentissante, Bygmalion, semble impliquer directement Sarkozy, en dépit des dénégations de ses proches collaborateurs de la campagne présidentielle de 2012. 

 

Là où il manquait et manquera toujours à un Sarkozy superficiel (génération de la télé…con), la profondeur de la pensée et une culture suffisante, nécessaires à l’appréhension juste des problèmes qui se posent avec acuité à une société française toujours plus complexe, l’amplitude intellectuelle et la rigueur, alliées à une sensibilité humaine que dissimule moins une armure trop longtemps verrouillée, confèrent à Juppé la dimension et l’épaisseur d’un homme politique dont la France a certainement besoin. Saura-t-il rendre ses lettres de noblesse à la chose politique et redresser la situation économique et sociale ?

 

Retrouver les fondements du gaullisme

 

Saura-t-il lessiver la maison umpéiste de fonds en combles, du sol au plafond, de la cave au grenier, pour lui rendre un semblant de lustre gaullien ? Sa tâche est d’autant plus rude que les peu reluisantes troupes sarkozystes, peu scrupuleuses de probité, ne partagent pas la même culture ni la même éthique que Juppé, pas davantage que son sens de l’Etat. Rats et rates sarkozystes sont dans le fromage et n’entendent pas lâcher si facilement le bout de gras.

 

Saura-t-il revenir, sans faillir, aux principes gaullistes qui ont permis à la France, au moment où le pays en avait le plus grand besoin, de retrouver son indépendance et sa grandeur ? L’atlantisme outrancier de Sarkozy et de son successeur Hollande cause un tort considérable aux intérêts économiques du pays et à son image. Voir l’affaire des porte-hélicoptères achetés par la Russie de Poutine. Le suivisme guerrier des deux compères présidents coûte des sommes astronomiques au budget de l’Etat, pour un résultat douteux.

 

Saura-t-il s’affranchir du système de casse sociale ?

 

Saura-t-il mettre un bémol à la casse sociale orchestrée avec acharnement par Sarkozy et reprise en chœur par Hollande ? Bayrou a raté sa campagne de 2012 en affirmant trop fort son appartenance au système et en refusant de revenir sur la régression de la protection sociale imposée par Sarkozy. Juppé commettra-t-il la même faute ?

 

Saura-t-il impulser et affirmer, pour contrer l’influence grandissante de la Chine et des USA en Afrique, une vraie politique de partenariat avec des états dont le besoin d’émergence devient urgent, s’ils ne veulent pas sombrer dans un chaos économique dû à une croissance démographique galopante ?

 

Parlementaires : la fin des privilèges ?

 

En annonçant sa volonté de réduire de moitié le nombre de parlementaires français, Juppé rejoint le sentiment largement répandu dans le pays qu’il faut mettre un terme à la caste extrêmement coûteuse et souvent inefficace qu’est devenue la représentation nationale ? Veut-il supprimer le Sénat, chambre anachronique, dont De Gaulle lui-même voulait la fin ? Ou divisera-t-il arithmétiquement par deux leur nombre ? Cinq cents au lieu de mille aujourd’hui, en termes d’économie d’argent, le signe donné par Juppé amplifierait le symbole !

 

Face à un agité haineux, tout aussi inquiétant que l’extrême droite FN de Marine Le Pen, face aux libéraux hollandistes et aux centristes mous accrochés comme des morpions à leurs prébendes, face à une (vraie) gauche toujours engluée dans des rivalités d’un autre temps, Juppé, qui a le vent en poupe, peut manifestement tirer son épingle du jeu en 2017.

 

Les gaullistes historiques, sociaux et chrétiens, se réjouissent déjà ! Sa candidature sera d’autant plus incontournable, en dépit de sondages flatteurs pour Sarkozy dans son propre camp, que ce même Sarkozy aura toutes les peines à convaincre la droite française dans son ensemble qu’un futur multi-justiciable est le recours idéal à la cata économique, sociale et morale de l’ère libérale vallshollandaise !

 

 

 

Verdi

 

 

24 octobre 2014

Publié dans Politique

Commenter cet article