UMP : LE CANCER DE LA FRANCE

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Depuis mai 2002, et l'imposture de l'élection d'un président de la République ultra minoritaire (1) avec un score digne des républiques bananières, les Français sentent confusément pour les uns, et clairement pour les autres, que quelque chose ne tourne pas rond. En tout cas, une grande majorité ne se montre pas enthousiaste. Comment en serait-il autrement quand 90% des lois votées durant cette période l'ont été contre le bien-être des citoyens ?

Beaucoup attendent encore, désabusés, une prise de position et des actions fortes de la part de la gauche institutionnelle, laquelle, après les coups de semonce des élections régionales, cantonales et européennes de 2004 et la gifle adressée au régime chiraquien d'ultra-droite à l'occasion du référendum sur l'Europe, le 29 mai dernier, a toute légitimité pour le faire.

Mais non ! Prendre une initiative majeure dans le sens demandé par un grand nombre de Français n'intéresse pas les opposants institutionnels. Pas plus que de débarrasser au plus vite le pays de ce gouvernement criminel envers les exclus de l'emploi et les précaires pour changer radicalement de politique sociale, économique et financière et redonner de l'argent à ceux qui en ont cruellement besoin, sans les avilir ! Ce désintérêt de la gauche libérale vis-à-vis des Français matraqués par l'UMP aura un prix. Certains pourraient bien se retrouver grosjean comme devant en 2007.

L'UMP, cette autre extrême-droite qui joue avec la peur des Français
Aujourd'hui, les médias serviles continuent de bafouer l'éthique journaliste. Malgré le formidable travail des réseaux d'info libre sur Internet pour contrecarrer la propagande de l'ultra-droite médéfo-sarkozienne, les communicants télévisuels aux ordres (Chabot, Calvi, Okcrent, Moati, etc.) poursuivent sans relâche leur entreprise de désinformation.

Hormis vers Internet et certaines associations (
Apnée-Actuchômage), publications (Le Canard Enchaîné) et émissions frondeuses (Les Guignols), de nombreux Français ne savent où diriger leur attention, où tourner leur regard pour se sentir moins seuls et conserver l'espoir de voir disparaître l'ignominie qui frappe 10 millions de citoyens en grande difficulté et des millions d'autres, tous corvéables à merci, maintenus sciemment dans la peur et sous la menace de perdre leur revenu - allocations pour les uns, salaire pour les autres - s'ils osent l'ouvrir.

Dans le même temps, ils constatent que la protection de la santé est durement mise à mal. Après le lamentable plan Douste-Blazy pour soi-disant sauver la Sécu, la franchise de 18 euros pour tout acte médical atteignant 91 euros en est la dernière illustration. Parallèlement, l'éducation, la recherche, viviers naturels de cerveaux intelligents, filent de l'urticaire aux « penseurs » UMP, et sont de plus en plus malmenées. La justice est muselée. Seule la police a le sourire !

L'ump, c'est le triomphe de la crétinerie et de la barbarie contre les plus fragiles
Les motivations des élus UMP sont douteuses ce qui les rend dangereux, à l'image de ce député agriculteur de la Creuse et de cette mairesse des Bouches du Rhône, (pour ne citer que les plus virulents parmi d'autres excité(e)s), co-auteurs de la plus odieuse des propositions de loi contre les exclus de l'emploi le 17 décembre 2003 (2) ! Ces deux parlementaires proches du FN, grassement payés, passent leur temps à attaquer les chômeurs, boucs émissaires de la politique de nettoyage ethnico-social de Villepin-Sarkozy-Borloo. Il n'y a donc aucune complaisance à avoir avec ce régime et les engeances peu recommandables qui le servent avec zèle.

Reste que, en trois ans et demi de présence, l'UMP a instauré un système basé sur la suspicion, la délation et la répression et donné des pouvoirs exorbitants aux maires et conseillers généraux. Au point que, dans ce climat malsain, tout le monde au presque se méfie de tout le monde, dans son quartier ou dans son village, à son travail…

L'idéologie d'ultra-droite de l'UMP ne peut se développer qu'en s'appuyant sur ce que la nature humaine produit de plus mauvais. Les êtres frustrés, intellectuellement limités, méchants y trouvent un lieu inespéré d'épanouissement. Les dirigeants de ce parti d'extrême droite le savent : ils réveillent et utilisent les plus bas instincts de l'être humain chez leurs partisans et chez les soumis (fonctionnaires, agents d'établissement publics comme l'ANPE) pour garder le pouvoir et imposer leurs lois scélérates. En découlent des comportements individuels où l'arbitraire prend le dessus : l'agent anpe bien tranquille autrefois, laisse sa plus détestable nature  prendre le dessus. Il ne réfléchit plus. De conseiller il devient crs. Il se sent investi d'une mission cruciale : dégommer du chômeur à tout va. Le contrôleur de la Sécu où la contrôleuse de la Caf se lâchent eux aussi : tous les assurés sociaux et tous les allocataires sont des escrocs puisque le gouvernement l'a décrété et que les médias l'ont dit aussi.

Comme en 40, l'indifférence d'une masse de Français
Va-t-on laisser monter en puissance une nouvelle génération de capos qui auront toute latitude pour tyranniser les plus faibles ? Ne serait-ce que pour cette raison, le renversement de ce gouvernement est une absolue nécessité. Faute de quoi, nous nous dirigeons en France tout droit vers une resucée du vichysme ! Car, en cette période de crétinerie triomphante, le fléau qui ouvre chaque jour davantage les portes à la barbarie des abrutis UMP, c'est l'indifférence de la masse des Français (comme en 40) au sort des persécutés que sont aujourd'hui les exclus de l'emploi et les précaires. Alors que, avec la loi de la jungle économique qui sévit, tous les salariés Français sont désormais des chômeurs en puissance (Hewlett Packard, Alcan, SNCM, etc.), qui, à plus ou moins brève échéance perdront à leur tour leur emploi, qu'ils y croient ou non ! 

Mais voilà, le malaise grandit et rien ne se passe. Ou tout se passe comme si de rien n'était avec une opposition tiraillée entre les ambitions de ses chefs, engluée dans ses arrière-pensées politiciennes. Laquelle opposition se contente de quelques incantations, au lieu de faire le clash pour renvoyer un pouvoir UMP, (soutenu par une UDF constituée de notables provinciaux mollassons), qui a perdu toute légitimité. La rentrée devait être le prolongement du 29 mai. Sans surprise, ce fut la Grande déception. La journée du 4 octobre n'a été qu'un énième éternuement, récupérée qu'elle fut par des leaders syndicaux, notamment de la CFDT, à l'amplitude intellectuelle circonscrite, inféodés au gouvernement et aux puissances financières.

L'UMP, c'est la défense imbécile de la loi de la jungle
Pourtant, cette journée aurait dû être le premier acte d'une réaction nationale très dure, seule solution efficace pour se débarrasser sans attendre des ignares et incultes que sont en grande majorité les députés et sénateurs UMP, plus préoccupés par l'argent et leurs intérêts personnels que par le bien public. Pendant ce temps, l'anpe collabore. Elle s'est reconvertie en bras armé du gouvernement Villepin. Depuis le mois d'août, elle envoie des charrettes entières de demandeurs d'emplois -radiés par milliers abusivement- à l'abattage pour ne pas déplaire au sémillant Premier ministre qui a décidé que le chômage devait impérativement baisser…

Il est stupéfiant de voir des gens se prétendant héritiers du gaullisme, (mouvement emblématique de l'indépendance s'il en est), ne jamais remettre en question les dogmes économiques du libre échange, c'est à dire l'ultra-libéralisme, et ne rien trouver à redire, au contraire, quand ce système détruit à petit feu les structures de notre société et assassine à grand coup d'exclusion et de morts lentes des pans entiers de sa population. Il est temps de rappeler que le Danemark, dont le modèle économique et social est vanté à l'envi par l'ultra-droite, est en Europe et dans le monde l'un des pays où l'on se suicide le plus… Le fameux modèle britannique où, entre parenthèses,  53% (300 000) des enfants londoniens vivent en dessous du seuil de pauvreté, ne doit son très relatif succès qu'à la décision de M.Blair de placer un million de ses concitoyens en longue maladie.

L'ultra-libéralisme est une forme de terrorisme contre la race humaine
Le conditionnement des esprits (pour ne pas dire l'endoctrinement) est tel depuis 30 ans que, remettre en cause l'ultra-libéralisme, devenue l'idéologie politique dominante portée par l'ultra-droite, passe pour une hérésie. Si vous la contestez ou la combattez, vous êtes classé, par les doctes économistes d'ultra-droite en vogue (Cohen, Marseille, Godet etc.) parmi les marginaux ne comprenant rien à rien au fonctionnement de l'économie et de l'organisation des sociétés humaines. C'est ahurissant! C'est surtout nier une vérité : la pensée unique n'existe pas et n'a jamais existé au sein de l'espèce humaine.
La seule pensée qui nous est commune, c'est l'obsession de notre fin! Le reste du temps, chacun aménage son mode de vie en fonction de son environnement, de ses racines, de sa culture. Selon qu'il vive dans une contrée hostile ou dans une région fertile ou sur une île paradisiaque, l'homme adapte son comportement. Nul prophète économiste (à ma connaissance) n'a inscrit dans un marbre divin, au sommet d'une montagne sacrée, que la théorie libre échangiste et la compétition commerciale à mort étaient l'alpha et l'oméga de l'organisation économique et sociale des sociétés humaines.

D'autres systèmes d'organisation économique et sociale ont existé qui ont montré leur faille. Il ne s'agit bien évidemment pas de tomber dans les travers d'un dirigisme étatique dictatorial capitaliste ou communiste stalinien. Il s'agit d'établir enfin un système qui ne confonde pas la fin et les moyens. Un système où le bien-être humain est la priorité permanente. Un système qui ne se transforme pas en chapelle inviolable sous prétexte de défendre un dogme ultra-libéral censé représenter la liberté.

Mais quelle liberté ? Celle de la jungle qui autorise, comme le firent les nazis, l'extermination des plus faibles ou de ceux qui déplaisent aux dirigeants politiques ou économiques du moment ? Une liberté en trompe-l'œil pour les plus humbles et la loi du plus fort pour une poignée ? Cette théorie est sans fondement, puisque sa finalité n'est pas le progrès des conditions d'existence pour TOUS les terriens.
En ce sens , l'ultra-libéralisme promu par l'UMP est une forme de terrorisme contre la race humaine.
Etant généralement admis que, en dehors d'un attrait folklorique certain, le retour au troc n'est pas le système idéal, il est néanmoins urgent de passer à un autre mode d'organisation des échanges entre les hommes. 

L'économie est une "science" parfaitement inexacte.
L'économie ne dépend que des règles fixées par les individus entre eux, au sein d'un même groupe, d'une même société, ou d'un état, afin de faciliter leurs échanges. Ainsi, à l'inverse de la "vraie" science, chacun  sur cette planète peut déterminer des règles en fonction de paramètres dont la variabilité n'a d'égale que la multitude des différents caractères humains. Or, l'OCDE voudrait faire croire que le dogme ultra-libéral est le seul qui vaille en dictant aux dirigeants des Etats ses recommandations, toujours les mêmes : baisser le coût du travail, contenir l'inflation, etc., ignorant toujours les dégâts humains qui en résultent.

Aujourd'hui, ce sont les chantres de l'offre qui imposent les règles débridées qui leur font réaliser les plus gros profits, sans se soucier des capacités de la demande à pouvoir absorber cette offre. Toutefois, les consommateurs potentiels des pays dits riches sont de plus en plus privés de revenus parce qu'ils perdent leurs emplois, lesquels sont transférés dans des pays émergents à faible coût de main d'œuvre. Ceci parce que le dogme ultra-libéral impose de ne jouer que sur la seule variable d'ajustement qu'est l'employé. C'est un cercle vicieux car à terme, l'offre produite à bas coût, outre qu'elle condamne des entreprises fabriquant les mêmes produits plus chers, ne trouvera plus de débouchés dans les pays comme la France, devenus économiquement exsangues, ce qui risque de survenir à brève échéance. De leur côté, les pays émergents n'étant pas en mesure d'absorber la totalité de cette production, que deviendra cette sur-offre mondiale?

Donner de l'argent à ceux qui en ont besoin grâce à la monnaie
A l'inverse, d'autres systèmes politiques prévoient des régulations, notamment monétaires, à partir de l'idée fondamentale que l'économie n'est qu'un moyen pour l'homme d'accéder à une vie moins pénible, et privilégient la demande.

Malheureusement, sous prétexte d'éviter l'inflation, les ultra-libéraux neutralisent la croissance monétaire. Quand nous produisons un effort, le sang circule plus vite et en plus grande quantité pour nous permettre de faire face. A cet instant, nous sommes bien obligés d'apporter à notre organisme l'eau et le sucre supplémentaires qu'il réclame, faute de quoi c'est la syncope. La monnaie est un fluide précieux, comparable au sang qui circule dans nos veines. Aujourd'hui, notre économie a besoin de plus de monnaie pour stimuler les échanges en assurant un revenu financier aux sinistrés de la loi de la jungle ultra-libérale, chère à  Mme Parisot, présidente du Medef.

La monnaie n'est pas une abstraction comptable. Son usage varie selon les besoins de la conjoncture. En période de déséquilibre entre l'offre (surproduction) et la demande, la création de monnaie donne les moyens, notamment aux plus fragiles (exclus de l'emploi, précaires, retraités, jeunes, familles, etc.) d'absorber cette offre. Plutôt que de créer un déficit d'origine "bancaire" issu d'emprunts internationaux, qui engraisse de riches créanciers, il est plus judicieux de faire jouer l'inflation. Cette variable monétaire, utilisée à bon escient, a un effet de relance économique autrement plus bénéfique que la spirale déflationniste dans laquelle les pactes de stabilité entraînent inexorablement les pays européens, dont la France.

Tant que le dogme ultra-libéral privilégiant l'offre à la demande encombrera les cervelles des décideurs politiques et économiques de nos pays, tant que la monnaie ne retrouvera pas une fonction régulatrice en soutenant la demande, et tant que les gouvernements n'utiliseront pas ce droit régalien de distribuer en le créant l'argent qui manque ou de redistribuer équitablement l'argent existant, le spectre de la crise mondiale majeure restera présent.

L'Etat n'est pas une entreprise commerciale
La rentabilité de l'activité économique d'un pays n'est pas antinomique d'une juste redistribution des fruits de la richesse produite. Encore faut-il admettre une fois pour toutes que la gestion d'un état ne peut être assimilée à celle d'une entreprise marchande. Mettre en avant les « supposés » déficits de tel ou tel domaine social - maladie, vieillesse, chômage, etc. - n'a aucun sens et n'a d'autre fin que de créer un sentiment de culpabilité chez les citoyens, comme s'ils étaient individuellement responsables de l'incurie des dirigeants politiques.

Le faux trou de la Sécu en est le plus parfait exemple. Depuis deux décennies, la Sécu voit ses recettes amputées par les cadeaux (exonérations de charges) faits aux entreprises. Est-ce la faute aux assurés sociaux qui eux continuent à cotiser et voient leur contribution au budget de la Sécu augmenter régulièrement ?
Autre exemple : lorsque les entreprises licencient du personnel pour augmenter leur profit, elles le font dans le but de servir les dividendes exigés par les fonds de pension américains ou anglais destinés à payer les retraites dans leur pays. Du coup, elles privent le régime de retraite par répartition français de centaines de milliers de cotisants. De précieux cotisants perdus également pour les régimes d'assurance chômage.

Tout le monde en convient. Mais, par un curieux phénomène d'autisme, les gouvernants ump appliquent les solutions les plus absurdes au détriment des petites gens bien évidemment, comme par exemple obliger les seniors à trouver un emploi alors qu'ils n'ont aucune chance de retrouver un employeur du fait de leur âge, et tandis que les emplois durables pour les jeunes sont largement insuffisants. Conséquence : la régression s'installe et succède à un siècle de progrès social conquis de haute lutte et souvent dans le sang. Pourtant, dans la conjoncture actuelle,  utiliser l'outil de la monnaie paraît être une bonne solution. Mais elle se heurte au dogme, à l'idéologie destructrice imbécile dominante, défendue par l'Europe ultra-libérale et sa banque centrale présidée par un Français borné nommé Trichet, placé à ce poste par son ami, un certain Chirac  !

La fin des revenus de l'emploi
Eu égard aux progrès techniques et technologiques des dernières décennies, la productivité par poste de travail atteint des sommets et restreint le nombre des emplois nécessaires à produire la richesse.  Les emplois industriels vont diminuer inexorablement. Les revenus financiers des individus ne pourront plus provenir exclusivement d'un emploi. C'est une donnée incontournable pour les années à venir. Que faire du surplus de main-d'œuvre ? Faire ce que fait le gouvernement actuel ? Appliquer une politique de ghettoïsation et de destruction de vies humaines ? Ou inventer un autre système de redistribution permettant à tous de vivre décemment, et partant, grâce la consommation, de faire fonctionner les entreprises ?
                                                                                             
Verdi
18 octobre 2006

A lire :  Chômage et monnaie


(1) L'ultra-droite ne représente, malgré 80% de parlementaires, que 12% de l'électorat en âge de voter.
Elle n'aurait pu se maintenir sans le soutien de partis mous comme l'UDF, sans la complicité du PS et sans la collaboration de syndicats écœurants, CFDT en tête.
Chirac est un lamentable raté de l'histoire de la République pour qui la politique se résume à « campagnes électorales ». C'est la chiraquie qui, pour se maintenir, a fait triompher l'inculture politique avec son inévitable conséquence : l'avènement de parlementaires cupides à l'esprit encrassé. Même les gaullistes historiques (et peut-être surtout eux) en conviennent et se désolent....
Un régime qui s'en prend en permanence aux plus fragiles de la société est un régime d'assassins. Des millions d'exclus de l'emploi et précaires subissent, depuis la rentrée de septembre, les conséquences des derniers errements politiciens d'un Chirac qui fait tout pour conserver son pouvoir. Y compris laisser la bride sur le cou de l'agité Sarkozy et de sa bande, qu'il faut placer sur le même plan que le FN, comme le plus grand danger pour la France.

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