Vent de liberté : après la Tunisie et l’Egypte, la France ?

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Le vent de liberté, qui a soufflé en Tunisie, a atteint l’Egypte. Demain, les peuples d’autres pays (Algérie, Maroc, Jordanie, Libye…) pourraient à leur tour se soulever. La France, qui supporte l’apprenti « dictateur » Sarkozy depuis bientôt quatre ans, a aussi de bonnes raisons d’emboîter le pas…

 

Les amitiés appuyées de Sarkozy pour des chefs d’Etat déchus, ou en voie de l’être, pour cause de dictature, montrent le vrai visage du président de la République française pour qui ces personnages peu recommandables étaient des modèles. Qu’il s’agisse de Ben Ali, en Tunisie, ou de Moubarak, en Egypte. Ce n’est qu’à la toute dernière minute que Sarkozy s’est résolu à ne pas accueillir le président tunisien en fuite. Avait-il le projet de mettre Air-Sarko-One (180 millions d’euros gaspillés) à la disposition du dictateur et de sa famille de boucaniers? D’autres, tout aussi peu fréquentables, comme  Kadhafi et certains chefs d’Etat d’Afrique subsaharienne, trouvent grâce aux yeux de l’agité président français, dont la propension au despotisme ne trompe plus personne.

 

Les relations de Sarkozy avec la plupart de ses homologues africains relèvent toujours du même souci affairiste de privilégier une gouvernance soucieuse de protéger les intérêts patrimoniaux et financiers d’une poignée de profiteurs au détriment de leur peuple.

C’est ce même souci qui motive son insistance à imposer son copain Ouattara (qu’il a marié à Neuilly en octobre 1990) à la présidence de la Côte-d’Ivoire, au détriment de Laurent Gbagbo. Son ingérence en dit long sur la nature mercantile des intérêts défendus par Sarkozy. Derrière cette intervention post-colonialiste dans les affaires internes d’un état souverain se cache, là encore, la volonté manifeste de protéger les riches copains -Bolloré, Bouygues, etc.- dont les affaires fleurissent sur le dos des peuples de ces pays, pour la plupart des anciennes colonies françaises en Afrique.

 

Généraliser la pauvreté en France, museler les magistrats

 

Sarkozy rêve d’une France gouvernée à l’africaine ! La régression sociale, qu’il a enclenchée et organisée, s’inscrit dans cette volonté d’installer durablement la pauvreté en France.

Toutes ses actions et les lois votées depuis son avènement sont autant de preuves de l’acharnement de l’agité de l’Elysée d’instaurer le mal être pour une majorité de Français, afin de mieux les contraindre. Un homme qui a faim et se débat dans des difficultés matérielles quotidiennes n’a pas le temps de penser, ni de se battre. Jusqu’à ce qu’au jour où, comme en Tunisie ou en Egypte, la coupe déborde !

 

Depuis des années, le combat de Sarkozy contre la magistrature s’inscrit aussi dans une volonté d’affaiblir l’un des principaux garde-fous de la démocratie française. L’attaque la plus emblématique est la volonté de supprimer le juge d’instruction.  Ce qui aura pour conséquence, le renforcement d’une justice d’Etat par le biais des procureurs de la république. Les « injonctions » de Sarkozy, ses mises en cause péremptoires  à l’occasion de faits divers, comme celui de la mort atroce de la jeune Laetitia, ne visent qu’à le mettre opportunément en lumière. Elles sont jugées, à juste raison, insupportables par le corps judiciaire dans son ensemble. Lequel a déjà dû supporter pendant deux ans, avec Rachida Dati, une Garde des Sceaux inutilement atypique, dans ce ministère délicat.

 

Après l’immunité présidentielle : le Sarkogate

 

Reste que, en s’attaquant à l’institution judiciaire, Sarkozy s’en prend à un pilier de la république. L’inconscience du personnage, qui se croit au faîte de sa gloire, de sa puissance et de sa « supposée » grandeur, lui interdit de voir que ce combat contre la justice a de grandes chances de se retourner contre lui.

Sans compter que nombre d’affaires, dans lesquelles son implication apparaît à des niveaux divers, sont pendantes et le rattraperont à la fin de son mandat. Pour l’instant protégé par son immunité présidentielle, il n’échappera pas, le moment venu, à son destin judiciaire.

Son sort risque d’être moins enviable que celui de Chirac, dont les emplois fictifs, qui lui valent d’être poursuivi, paraissent bien moins graves, en comparaison de ce dont devrait répondre Sarkozy devant ses juges. Le Sarkogate s’avère en effet une boîte de Pendore dont déjà quelques affaires retentissantes ont été exhumées : Bettencourt, Woerth, Karachi, Clearstream. Et ce n’est que le début !

 

Répression, climat délétère

 

Comment la France peut-elle se retrouver avec  un président de la République aussi peu respectueux des règles constitutionnelles qu’il est censé défendre ? La question hante aujourd’hui ceux-là mêmes qui, par cupidité ou calcul politicien, l’ont porté au pouvoir !

L’attitude irrespectueuse de Sarkozy est préoccupante pour le fragile équilibre de notre société, dont les membres les plus influençables sont enclins à penser que les règles n’ont de règles que le nom, puisque transgressables, selon ses intérêts et son humeur, par celui qui devrait s’en porter garant : le président de la République en personne.

Jamais homme politique n’a autant tenté de récupérer les événements malheureux, les drames du quotidien, pour essayer de faire passer l’image d’un homme compassionnel et proche des gens, qu’il n’est, à l’évidence, pas.

Rarement homme politique n’a autant utilisé les ressorts de la peur pour imposer des lois sécuritaires scélérates et diviser les Français, laissant se développer un climat délétère parmi les habitants.

La répression routière en est un exemple. Sous prétexte de diminuer le nombre de victimes sur les routes, les automobilistes sont considérés comme des délinquants en puissance, qui risquent de se retrouver à tout moment en garde à vue, au même titre que de dangereux criminels, à la moindre petite infraction.

 

Attaque contre les retraites, népotisme

 

L’attaque contre la retraite à 60 ans a laissé des traces durables dans l’esprit des Français qui, au long de l’année 2010, à l’occasion de manifestations de grande ampleur, ont montré qu’ils n’étaient pas dupes des intentions réelles de Sarkozy de démanteler la retraite par répartition, au profit de la retraite par capitalisation, confiée aux assureurs privés, au premier rang desquels son propre frère Guillaume Sarkozy. Un népotisme dont Sarkozy est coutumier. En décembre 2009, il a tenté d’imposer son fils Jean, médiocre étudiant en droit de 23 ans, à la tête de l’EPAD, sans succès. Il en a été empêché par les caciques parisiens de son propre camp !

La gauche a promis de rétablir la retraite à 60 ans. C’est d’ores et déjà, pour des millions de Français, écoeurés par le résultat de leur mobilisation, un argument fort de la campagne présidentielle.

 

Redorer le blason de l’Elysée

 

L’enjeu de l’élection présidentielle de 2012 ne sera pas tant le choix d’un projet de société que le choix d’un homme détenant les qualités humaines, intellectuelles et culturelles indispensables pour incarner la France ! Nombreux, quelle que soit leur couleur politique, sentent la nécessité de redorer le blason de l’Elysée, en y envoyant un homme respectable, digne, à la hauteur de la fonction.

Les Français sont aujourd’hui moins de 25% à faire confiance à Sarkozy. Ce sondage prouve que l’épisode Sarkozy, et ses conséquences calamiteuses pour les Français, n’a que trop duré.

Le vent de liberté soufflant des rives de la Méditerranée enflammera-t-il la campagne électorale présidentielle en France ?  Une chose paraît évidente : le rejet de Sarkozy par les Français est largement aussi puissant que le rejet de ses chers amis Ben Ali et Moubarak par leur population respective !

Verdi

 

Mardi 8 février 2011

 

 

Publié dans Libertés

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